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Message du PIAF à ses adhérents

L’association des professionnels de l’image et des archives de la francophonie invite ses adhérents à signer la pétition en ligne.

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“Liquider Canopé, ce n’est pas acceptable”

Alain Claeys, président de Grand-Poitiers et maire de Poitiers répond à Centre Presse.

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Avez-vous été informé officiellement du plan touchant Réseau Canopé ?

« Non, je n’ai pas été informé. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on nous annonce sans communication officielle qu’on fait cette réforme. Si on enlève les richesses de Canopé, c’est bien qu’il y a un système derrière qui est en place. Je pense que ça vient au pire moment. J’avais demandé au ministre de l’Éducation nationale d’établir une feuille de route sur Poitiers capitale de l’Éducation pour savoir à quoi ça correspondait, ce qu’on voulait y faire. »

Vous l’avez eu ce retour ?

« Non. Je n’ai pas eu le retour. Je suis incapable de vous dire ce qui est prévu. À part ce qu’a dit la préfète, notre intégration dans telle région numérique, mais ça, ce n’est pas suffisant. La seule chose actée, c’est le colloque international, avec un comité de pilotage où figurent Canopé, la Région, l’université, Grand Poitiers, l’État. Il est en préparation, c’est important et je n’ai pas de signe que ce colloque soit remis en cause. J’espère que nous irons au bout. » À plusieurs reprises, des rumeurs de fusion, de rapprochement ont circulé concernant Canopé et le CNED.

Craignez-vous un projet englobant aussi l’ex-école des cadres de l’Éducation nationale (IH2EF) ?

« Je ne pense pas que l’on peut trouver un sens à cela. Si on commence à régler le problème de la structure sans dire préalablement ce qu’on veut en faire, sans définir les missions, on prend le problème à l’envers. J’ai le sentiment, aujourd’hui, qu’on prend le problème à l’envers avec Canopé. »

Que pensez-vous de ce plan qui rattacherait aux rectorats les Ateliers du Réseau Canopé implantés partout en France ?

« Le risque, c’est de vider de sa substance Canopé. La question qui vient à l’esprit, c’est pourquoi faire et quel rôle on donne à Canopé et quelles synergies on met en place avec le CNED. C’est la question réellement posée. Je comprends la crainte du personnel. Je suis convaincu que, par rapport à la révolution numérique, par rapport à la formation à distance, par rapport à la francophonie, de nouveaux métiers et de nouvelles compétences sont à inventer, mais ça ne peut venir que de l’État. » « J’ai demandé au ministre sa feuille de route pour Poitiers. Il ne m’a pas répondu ! »

Recevez-vous bien les syndicats de Canopé ce lundi ?

« Oui. Je les ai sollicités, pour les entendre. J’ai demandé au député Savatier, s’il le pouvait, de se joindre à nous. J’ai saisi le ministre la semaine dernière pour lui demander audience avec le député de la circonscription. J’ai aussi informé Jean-Pierre Raffarin. C’est une décision, peut-être budgétaire, peut-être technique, mais qui ne fait pas sens. On ne peut pas dire en même temps que Poitiers est capitale de l’Éducation et dire que ça va se résumer à ce que Poitiers soit le lieu de coordination de formations numériques au niveau de la Nouvelle-Aquitaine. »

Ça conforte le rôle du rectorat de Poitiers…

« Oui. La rectrice m’a dit que Poitiers aura la compétence « numérique et éducation » au terme des arbitrages entre les trois rectorats (NDLR : Bordeaux, Limoges, Poitiers). Poitiers cordonnera ce sujet, c’est bien, c’est positif pour Poitiers par rapport à ses compétences, mais on reste sur notre faim ! Si on veut que Poitiers joue un rôle comme capitale de l’Éducation, qui reste nationale, il faut qu’il y ait une dynamique, il faut que l’État trouve une synergie entre ses trois opérateurs que sont Canopé, le CNED et l’Esen et les laboratoires de l’université. »

Poitiers, capitale de l’Éducation, ça ressemble à un slogan mais les projets ne semblent pas se mettre en place derrière...

« Quand le ministre actuel Blanquer est venu (NDLR : en juin 2017), j’étais avec Jean-Pierre Raffarin et nous avions longuement discuté avec lui. C’est là qu’il a dit pour la première fois, et pas sous forme de boutade, Poitiers est la capitale de l’Éducation nationale. Il l’a redit depuis. Cette idée lui revient. C’est vrai, il y a un écosystème au niveau de l’Éducation qui est important. Mais, maintenant, on attend un certain nombre de signes concrets. »

Avez-vous le sentiment que le projet de réorganisation de Canopé masque des arrière-pensées plus politiciennes ?

« Quelle arrière-pensée politicienne pourrait exister ? Désavantager Poitiers ? Je ne vois pas l’intérêt du ministre ? Ce qui m’étonne c’est que, jusqu’à présent, il n’y a pas de signe de ce concept de Poitiers capitale de l’Éducation et ce n’est pas comme s’il l’avait exprimé une seule fois ! Quand on restructure un établissement c’est pour deux raisons : pour le démanteler ou alors pour redéfinir des missions plus précises. J’ose espérer que c’est la deuxième solution. Il faut que ce soit clair. Si c’est pour faire uniquement des économies financières, ça n’a aucun intérêt et je comprends que les fonctionnaires soient extrêmement inquiets. »

Les signes concrets ne sont pas très bons pour le moment avec le plan chez Canopé et l’arrivée d’un directeur par intérim connu pour avoir mis en oeuvre le démantèlement de l’Onisep…

« Un directeur transitoire arrive, ce n’est jamais bon, c’est vrai ! Le successeur du directeur qui a démissionné vient de l’Inspection générale, si c’est pour liquider Canopé, ce n’est pas acceptable. Qu’on redéfinisse les missions de Canopé et du CNED par rapport aux enjeux de l’Éducation nationale, ça ne me choque pas. Ce qui m’inquiète vraiment, c’est si on enlève la substance de Canopé dans les régions et si on la confie aux recteurs. Ça met un terme à Canopé. La question centrale qui se pose, c’est ce triptyque : numérique, transmission des savoirs, enfant. Je pense que c’est un très bon créneau pour Poitiers qui peut être un lieu de conception, de travail, d’expérimentation. Je pense que nous avons tous les outils pour approfondir cette question de la place du numérique dans l’éducation et la transmission des savoirs. »

Entretien réalisé par Emmanuel COUPAYE pour Centre Presse
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Le Théâtre du Soleil

Dans sa rubrique Guetteurs & Tocsin le Théâtre du Soleil a relayé l’appel à la signature de la pétition.

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Sénat – question écrite au gouvernement

Mme Marie-Noëlle Lienemann , Sénatrice de Paris, demande à M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse ses intentions concernant l’avenir du Réseau Canopé, qui parait, hélas menacé.


Réseau Canopé (ancien Centre National de Documentation Pédagogique) est un opérateur public sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale. Il exerce une mission d’édition, de production, de développement et de mise à disposition de ressources et de services éducatifs à destination des enseignants, des communautés éducatives et universitaires, des écoles et des établissements d’enseignement scolaire.

L’établissement emploie près de 1400 salariés, fonctionnaires ou contractuels, travaillant sur plus de 100 sites répartis en métropole comme en outre mer, avec son siège à Chasseneuil-du-Poitou.

Aujourd’hui, Réseau Canopé est menacé de démantèlement pour des raisons strictement budgétaires.

En septembre 2019, les personnels de Réseau Canopé apprenaient de façon détournée que leur établissement était appelé à modifier en profondeur son orientation, voire son organisation, au prétexte de servir désormais exclusivement la formation continue, en ligne des enseignants. Engagés depuis sept ans dans une restructuration en profondeur du réseau, les personnels ont été choqués par ce nouveau et brutal virage, qui substituait sans explications, analyses, explicitation des besoins, aux orientations actuelles de l’établissement de nouveaux objectifs.

Or les décisions budgétaires pour 2020 prévoient une baisse de la subvention pour charges de service public annoncée (-3,28 millions d’euros). Sur le seul budget 2020, la diminution du plafond d’emplois de 55 emplois temps plein travaillé impactera près de 150 agents (10% de la masse salarial). Le non-renouvellement de personnels enseignants détachés a commencé et on demande aux personnels administratifs de participer au mouvement ; l’établissement ne dispose plus d’aucune feuille de route pour les années à venir.

Une expression anglo-saxonne existe pour décrire cette méthode : « Starve the beast », « on » « affame la bête », elle ne dispose plus des moyens suffisants pour remplir ses missions, puis « on » constate qu’elle ne les remplit pas et « on » prononce son démantèlement… qui sera suivi du développement de nouveaux services marchands privés.

Les agents demandent de suspendre immédiatement les décisions en cours et d’engager une concertation rapide avec leurs représentants et les acteurs de l’Éducation sur les objectifs assignés à Réseau Canopé, ses missions, son fonctionnement, son financement, dans le respect de son rôle d’opérateur au service des enseignants. Sans cet outil c’est une partie de la qualité de l’enseignement en France qui risque d’en faire les frais.

Mme Marie-Noëlle Lienemann demande donc à M. le Ministre d’expliquer les raisons d’une telle décision et méthode qui met en danger un établissement essentiel. Le gouvernement doit garantir au plus vite qu’il a bien, dans le cadre du service public, une politique cohérente en termes de développement pédagogique.

Elle demande également au ministre que le gouvernement s’engage au plus vite sur le maintien des postes et des moyens financiers de Réseau Canopé pour assurer ses missions, dont celle de la formation continue des enseignants.

Enfin, Mme Lienemann demande que le gouvernement s’engage à ouvrir des négociations avec les organisations syndicales représentant les personnels pour écrire la feuille de route sur les missions de Réseau Canopé.

Tweet de Marie-Noëlle Lienemann
Tweet de Marie-Noëlle Lienemann
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Fred Sochard nous soutient

L’illustrateur qui a participé à Pont des arts, nous soutient et nous offre ce dessin. A partager…

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Les cahiers pédagogiques

Nous refusons le démantèlement de Canopé !

Communiqué du CRAP-Cahiers pédagogiques. 20 décembre 2019.


Les représentants du personnel de Canopé ont appris subitement mercredi 18 décembre en conseil d’administration la restructuration complète du Réseau d’ici 2021.

Nous avons appris qu’avait été annoncé, lors du conseil d’administration du 18 décembre dernier, le démantèlement du réseau Canopé, la fin des publications papier (revues et livres) et le rattachement des ateliers Canopé aux rectorats à partir de 2021.

Nous ne pouvons que nous indigner de cette décision qu’on veut encore croire non irréversible.

Le CRAP-Cahiers pédagogiques a un très long passé de compagnonnage avec ce qui a été autrefois le CNDP, puis le Scéren. Dans les années récentes, nous avons été partenaires pour de nombreux ouvrages, dans le cadre de la collection Repères pour agir et plus récemment dans la nouvelle série Bien débuter. Il nous arrive souvent d’organiser ensemble des événements, ou de participer à ceux-ci, à Paris comme en régions. Nous faisons régulièrement connaître les publications de Canopé.

La profonde réorganisation de Canopé est encore très récente et ce nouveau changement, qui ne correspond guère à la « confiance » vis-à-vis des acteurs affichée en haut lieu, ne peut que démoraliser les acteurs de l’éducation et en particulier les personnels de cette institution, dont nous sommes solidaires. Réduire le rôle de Canopé à l’édition numérique et à la formation à distance nous parait une aberration à l’heure où, au contraire, les acteurs éducatifs ont besoin de se rencontrer, d’échanger, de discuter, de se former « in vivo » pour transformer le métier, se tenir au courant de ce qui change, des idées nouvelles, pour s’outiller et se remotiver.

Rattacher les ateliers départementaux aux rectorats pourrait bien revenir à soumettre leurs activités aux plans académiques de formation, leur faisant perdre leur autonomie et leur souplesse dans leurs propositions de temps de formation, d’échange, de découverte moins formels que la formation institutionnelle.

Les décisions prises unilatéralement ne peuvent qu’être négatives et régressives.

Nous demandons avec ses personnels que soit écoutée la parole de ceux qui s’opposent contestent cette désastreuse démolition d’un organisme qui avait largement amélioré son fonctionnement et tout autant fait la preuve de son utilité.

Le CRAP- Cahiers pédagogiques